Dans V pour Vie, l’histoire suit principalement Rolland, un architecte brillant dont la vie bascule
après sa rencontre fusionnelle avec Ysaura, une jeune femme libre et lumineuse rencontrée dans une école d’art.
Leur amour absolu, presque hors du monde, les mène au mariage et à la construction d’une vie heureuse,
bientôt assombrie par l’apparition chez elle d’une maladie génétique rare et incurable
qui la condamne à une lente déchéance physique et mentale, que Rolland vit comme une torture quotidienne jusqu’à sa mort,
ce qui le plonge dans une chute brutale faite d’hallucinations et de perte totale de repères.
De cet effondrement, chez cet homme désormais hors de la vie, naît une transformation radicale :
apprenant que sa propre fille est atteinte de la même maladie, il va agir pour devenir immensément riche et puissant,
non spécialement pour dépasser les limites humaines, mais pour financer les recherches nécessaires à sa guérison,
construisant un empire tentaculaire contrôlant architecture, habitat, alimentation, habillement et nouvelles technologies,
exploitant les failles des individus pour devenir un acteur invisible mais omniprésent du monde moderne.
Mais au sommet de cette puissance, de son empire scientifique émerge un virus qui s’échappe, celui de "la folie",
se répandant à l’échelle mondiale et plongeant l’humanité dans un désordre incontrôlable,
d'instincts primaires démultipliés, transformant la société en chaos où les repères disparaissent.
Une quête désespérée s'engage pour trouver un remède, mobilisant plusieurs survivants dans un monde en ruine,
tandis que Rolland, confronté aux conséquences de ses actes,
doit poursuivre ses recherches tout en faisant face à sa culpabilité et à l’urgence de sauver sa fille.
Son ami d’enfance, resté plus humain et attaché aux valeurs simples, tente de comprendre cette évolution
et de questionner le sens de cette quête, mais se heurte à un Rolland désormais détaché,
constantant chez les hommes le désir de leur propre asservissement,
tandis que d’autres personnages, un superviseur commercial, un archiviste solitaire, l'amateur de littérature ou l'artiste...
illustrent les rouages d'un système global où chacun participe, consciemment ou non,
à une mécanique de contrôle et de consommation, désormais aggravée par le chaos régnant.
Au fil du récit, l’ascension de Rolland se double ainsi d’une chute du monde,
et s’accompagne d’une critique de la société moderne où le progrès technologique, loin de libérer l’homme,
peut précipiter sa perte, laissant en suspens une interrogation :
cet empire bâti sur l’amour, la souffrance et la volonté de sauver un enfant peut-il justifier la destruction du monde,
ou n’est-il que la fuite désespérée d’un homme incapable de survivre à la perte et prêt à tout pour ne pas la revivre ?