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- I - À trente-huit ans, je menais une vie plutôt heureuse et n’avais aucune raison d’en changer. Je me réveillais quelques minutes avant la sonnerie du réveil, prenais une douche, me rasais, vérifiais devant la glace mon col, puis préparais un café très fort dans lequel je mettais trois morceaux de sucre. Je savais que c’était trop et avais plusieurs fois essayé de me limiter ; le troisième s’ajoutait immanquablement. À l'occasion, je regardais des matchs ou des documentaires animaliers. Les prédateurs retenaient mon attention : meutes de loups, orques encerclant une proie, lions rabattant un troupeau. Tout cela n’avait aucune conséquence sur ma vie. |