| Julien avait souvent l’impression d’arriver un peu après lui-même. Quand il entrait dans une pièce, il regardait quelques secondes la lumière, les visages, le mouvement des conversations. Ensuite seulement il avançait. Les autres semblaient savoir immédiatement où se placer, comme si chaque endroit les attendait. Julien avait compris très tôt que cette aisance lui manquerait toujours. Avec le temps, il s’était habitué à cette position légèrement décalée. Être discret avait au moins un avantage : quand on prend peu de place, on laisse aux autres toute la liberté d’exister. |